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Valeur du stock automobile : coûts d’achat, historique des prix et réapprovisionnement

Suivre la quantité, le coût d’achat, l’historique des prix et les seuils de réapprovisionnement sans confondre stock physique et marge commerciale.

La réponse courte

Une référence n’a pas un coût éternel. Chaque réception doit conserver sa date, sa quantité et son coût, tandis que le catalogue garde séparément le prix de vente actuel et le seuil de réapprovisionnement.

Trois bidons d’huile achetés 5 € pièce et sept nouveaux bidons achetés 10 € ne forment pas un stock dont le passé peut être remplacé par le dernier prix. Le catalogue doit indiquer le coût actuel utile à la décision, mais chaque réception doit aussi conserver son prix, sa date et sa quantité. Sans cet historique, il devient impossible d’expliquer l’évolution de la valeur ou la marge d’une intervention.

La valorisation comptable exacte appartient à la méthode validée avec le comptable. Le logiciel opérationnel doit surtout conserver des données propres et exportables : achats, mouvements, quantités et coûts. Il ne doit pas inventer une règle fiscale universelle.

Quelles valeurs faut-il séparer ?

Une fiche de pièce contient au moins quatre notions différentes :

  1. le coût catalogue ou dernier coût connu, utile pour préparer un achat ;
  2. le coût réellement réceptionné, porté par chaque entrée ;
  3. le prix de vente suggéré, calculé selon la politique du garage ;
  4. le prix finalement vendu, enregistré sur l’OR ou la facture.

Les mettre dans un seul champ crée des réécritures. Si le fournisseur augmente son tarif, mettre à jour la fiche ne doit pas modifier la marge historique d’une facture. Si l’accueil accorde une remise, le prix catalogue doit rester intact.

| Donnée | Moment où elle naît | Peut-elle changer ? | | ---------------- | -------------------------------------- | ---------------------- | | Coût commandé | Création de la commande | Oui avant confirmation | | Coût réceptionné | Entrée physique et facture fournisseur | Par correction tracée | | Prix suggéré | Politique commerciale actuelle | Oui pour le futur | | Prix vendu | Validation du document | Non après émission |

Comment conserver l’historique d’achat ?

À chaque réception, enregistrez fournisseur, référence, date, quantité, coût unitaire, remise éventuelle et lien avec la commande. Conservez également l’écart entre coût estimé et coût reçu. Une modification silencieuse du prix de la fiche détruit cette information.

Dans l’exemple des bidons, l’historique comporte deux lots économiques : trois unités à 5 € et sept à 10 €. Le stock physique est de dix unités et le coût total des entrées encore présentes dépend de la méthode de sortie retenue. Moyenne pondérée, FIFO ou autre traitement doivent être discutés avec le comptable ; Ottomo doit conserver les éléments nécessaires sans promettre une conformité comptable automatique.

Le graphique d’évolution du coût peut montrer les réceptions dans le temps. Il permet de repérer une hausse durable, de négocier un autre fournisseur ou d’ajuster le prix suggéré. Affichez le fournisseur et le volume : comparer un achat urgent d’une unité à un carton remisé de douze peut induire en erreur.

Gérer les unités et conditionnements

Un produit acheté en bidon de cinq litres peut être vendu au litre. Définissez une unité de stock et un facteur de conditionnement. Les conversions implicites sont dangereuses : « 1 » peut désigner un carton, un bidon ou un litre selon l’écran.

Pour les consommables ouverts, la précision parfaite est rarement rentable. Définissez une règle adaptée : sortie à la quantité estimée, forfait atelier ou inventaire périodique. L’essentiel est que le système reflète la pratique annoncée.

Quels mouvements faut-il tracer ?

Le stock fiable ne se résume pas à un champ quantité modifiable. Il est le résultat d’un journal de mouvements :

  • réception fournisseur ;
  • réservation pour un OR ;
  • consommation après montage ;
  • libération d’une réservation ;
  • retour client ou retour fournisseur ;
  • correction d’inventaire avec motif.

Le journal reste immuable : on corrige par un nouveau mouvement, on ne supprime pas l’événement précédent. Chaque ligne indique qui, quand, combien et pourquoi. Cela facilite l’inventaire et décourage les ajustements inexpliqués sans traiter chaque erreur comme une faute.

Une réservation réduit la quantité disponible pour les autres dossiers, mais pas forcément la quantité physique. Une consommation réduit le physique et rend la pièce éligible à la facturation du dossier. Cette distinction évite qu’une pièce commandée mais jamais montée soit automatiquement facturée.

Le cahier de commandes fournisseurs alimente ces mouvements lors des réceptions et retours.

Comment définir les seuils de réapprovisionnement ?

Un seuil fixe « toujours en avoir dix » est pertinent pour une huile ou un filtre fréquent, mais pas pour une pièce rare affectée à un véhicule. Classez les références : stock courant, consommable, pièce sur commande et dormant.

Pour le stock courant, considérez la consommation pendant le délai fournisseur, la variabilité et une sécurité raisonnable. Le point de commande peut être formulé simplement : consommation attendue pendant le délai + stock de sécurité. Révisez-le avec l’historique plutôt qu’avec une intuition définitive.

Une alerte utile indique l’action : quantité disponible, commandes déjà ouvertes, consommation récente et fournisseur habituel. Afficher seulement « stock faible » peut provoquer une commande en double.

Pour les références coûteuses ou peu mobiles, suivez aussi l’âge du stock. Une valeur élevée n’est pas nécessairement mauvaise si elle soutient une activité fréquente ; une petite quantité inutilisée depuis trois ans peut être plus préoccupante.

Comment rendre l’inventaire exploitable ?

Organisez des comptages cycliques par famille ou emplacement au lieu d’attendre uniquement l’inventaire annuel. Comptez d’abord les références à forte valeur, à rotation élevée ou avec écarts fréquents. Pendant le comptage, évitez si possible les mouvements ou enregistrez précisément la coupure.

La correction doit porter un motif : casse, erreur d’unité, sortie oubliée, retour non enregistré ou écart initial. Analysez ensuite les motifs récurrents. Un emplacement ambigu ou un conditionnement mal défini se corrige mieux qu’une succession d’ajustements.

Le dirigeant doit pouvoir voir : valeur estimée par méthode définie, quantité physique, quantité réservée, disponible, en commande, références sous seuil et stock dormant. Ces valeurs complètent les indicateurs de rentabilité, mais ne remplacent pas la validation comptable des comptes annuels.

Exemple complet : l’huile dont le prix double

Le garage démarre avec trois bidons achetés 5 € chacun et souhaite en garder dix. Il commande sept unités à 10 €. À la réception, le journal ajoute sept entrées au nouveau coût ; il ne remplace pas les trois anciennes. La fiche peut afficher 10 € comme dernier coût, 8,50 € comme moyenne arithmétique pondérée de cet exemple simplifié et le prix de vente suggéré selon la règle commerciale. Le calcul comptable des sorties reste celui validé par le comptable.

Si deux bidons sont ensuite réservés pour un OR, le stock physique reste dix et le disponible devient huit. Après montage, la consommation diminue le physique. Si un bidon réservé n’est pas utilisé, il est libéré ; aucune ligne facturable ne doit être créée pour lui.

Lors de la commande suivante à 9 €, le graphique révèle la baisse. Le responsable peut comparer les fournisseurs, mais il doit tenir compte des frais, remises et volumes. Le prix de vente futur peut être ajusté sans toucher aux documents déjà émis.

Check-list mensuelle de qualité

  • références sans unité ou conditionnement défini ;
  • quantités négatives ou réservations supérieures au physique ;
  • réceptions sans coût confirmé ;
  • sorties manuelles sans motif ;
  • pièces consommées sans OR ou document associé ;
  • commandes ouvertes alors que tout est reçu ;
  • stock sous seuil avec commande déjà en cours ;
  • références sans mouvement depuis la durée choisie ;
  • écarts importants entre dernier coût et prix de vente actuel.

Ne corrigez pas ces anomalies par une importation massive qui écrase les quantités. Reconstituez le mouvement manquant lorsque c’est possible ou passez une correction d’inventaire datée, motivée et attribuée. La qualité du journal compte davantage qu’une valeur apparemment parfaite aujourd’hui.

En synthèse : ne remplacez jamais l’histoire par le prix du jour. Conservez chaque entrée, faites découler le stock d’un journal et séparez coût, prix suggéré et prix vendu.

Sources et méthode

Les sources ci-dessous ont été consultées lors de la dernière mise à jour. Les chiffres conservent le périmètre et l’année indiqués par leur éditeur.